Fermeture de collèges privés au Québec : près de 900 étudiants étrangers dans l’incertitude

Résumé de l'article
Le ministère de l’Éducation du Québec a refusé de renouveler le permis d’exploitation de plusieurs collèges privés, entraînant la fermeture immédiate de leurs portes et l’invalidation des formations offertes à partir d’une certaine date.
La fermeture soudaine de plusieurs collèges privés au Québec laisse des centaines d’étudiants étrangers dans une situation extrêmement précaire, remettant en cause leurs études, leur projet d’immigration et leur stabilité financière. Au Collège supérieur de Montréal et au Collège supérieur de Sherbrooke, environ 878 étudiants, en grande majorité internationaux, ont appris par courriel que leur établissement suspendait ses activités après le non-renouvellement du permis par le ministère de l’Éducation.
Que s’est-il passé exactement ?
Le ministère de l’Éducation du Québec a refusé de renouveler le permis d’exploitation de plusieurs collèges privés, entraînant la fermeture immédiate de leurs portes et l’invalidation des formations offertes à partir d’une certaine date. Les étudiants ont été informés un vendredi soir que les cours étaient suspendus « jusqu’à nouvel ordre », alors que certains étaient à quelques jours seulement de l’obtention de leur diplôme. Cette décision s’appuie sur la Loi sur l’enseignement privé, après analyse de la situation de ces établissements, qui avaient déjà suscité des interrogations sur la qualité de leurs services et leurs pratiques administratives.
Impact sur les étudiants étrangers
Pour les étudiants étrangers, les conséquences vont bien au-delà d’un simple changement d’école :
Leur diplôme est retardé ou compromis, car certaines formations ne sont plus reconnues à partir de la date de retrait du permis.
Leur statut migratoire est fragilisé, puisque le permis d’études est souvent conditionné à l’inscription active dans un établissement reconnu.
Leur projet de vie (installation au Québec, expérience canadienne, future résidence permanente) se retrouve brutalement remis en question.
Plusieurs témoignages évoquent un sentiment de « trahison » et de « vie en suspens », certains ayant investi des milliers de dollars de frais de scolarité et de coût de vie pour se retrouver sans école, sans calendrier clair de solution et avec un statut légal qui approche de son échéance.
Que font les autorités ?
Le ministère de l’Éducation affirme que sa priorité est de protéger les étudiants et d’assurer la continuité de leur parcours éducatif. Des lettres ont été envoyées aux personnes concernées pour leur proposer des options de transfert vers des centres de services scolaires publics, avec possibilité d’exemption des frais de scolarité pour compléter leur diplôme dans le réseau public. Une liste de commissions scolaires et d’organismes publics est mise à disposition afin de permettre aux étudiants de continuer leur formation, mais la transition reste complexe, notamment pour ceux dont le permis d’études arrive à échéance.
Pourquoi ce type de situation se répète ?
Ce cas ne survient pas isolément : plusieurs collèges privés non subventionnés au Québec ont déjà été fragilisés par une baisse d’étudiants étrangers, notamment indiens, et par des contrôles plus stricts sur leurs pratiques. Dans un modèle où certains établissements dépendent fortement des frais de scolarité des étudiants internationaux, une baisse d’inscriptions ou une perte de confiance peut rendre leur situation financière très instable. Quand un collège fonctionne « à flux tendu » et rencontre des problèmes de gouvernance ou d’accréditation, la fermeture peut alors être rapide, laissant les étudiants au milieu du gué.
Comment éviter de se retrouver dans ce type de situation ?
Pour un étudiant étranger qui souhaite étudier au Québec ou dans un autre pays, choisir son établissement doit être une démarche rigoureuse. Voici quelques alternatives et bonnes pratiques pour réduire le risque de se retrouver dans l’incertitude :
Vérifier le permis et l’accréditation officielle de l’établissement
Consulter les listes officielles d’établissements privés autorisés ou fermés publiées par le ministère de l’Éducation du Québec.
S’assurer que le programme suivi est reconnu et mène à un diplôme officiel, surtout dans les collèges privés non subventionnés.
Privilégier les établissements publics ou les institutions bien établies
Les cégeps et universités publics bénéficient généralement d’une stabilité plus forte en termes de financement et de réglementation.
Même si certains collèges privés peuvent être attractifs par leurs promesses de rapidité ou d’employabilité, il est important de comparer leur réputation avec celle d’institutions plus connues.
Se renseigner au-delà du discours commercial
Lire des avis d’anciens étudiants, des articles de presse et des discussions sur les forums d’immigration et d’études (comme Immigrer.com).
Se méfier des slogans trop séduisants (« avenir garanti », « accès facile à l’immigration ») qui ne sont pas appuyés par des garanties officielles.
Prévoir des plans B académiques et migratoires
Avant de partir, identifier quelques établissements alternatifs vers lesquels un transfert serait possible en cas de problème (autres collèges, cégeps, universités).
Comprendre les règles du permis d’études : conditions de maintien du statut, délais pour changer d’établissement, et options en cas de fermeture d’école.
S’appuyer sur des ressources fiables : conseils, associations, consulats
En cas de difficulté, contacter les services d’aide aux étudiants, les associations d’étudiants étrangers, les organismes de défense des droits et, au besoin, le consulat de son pays.
Ces acteurs peuvent aider à décoder les lettres officielles, à identifier les options de transfert et à défendre certaines demandes d’exemption ou de compensation.
Conclusion : ce que doivent retenir les futurs étudiants étrangers
La fermeture de collèges privés au Québec montre à quel point les étudiants étrangers sont vulnérables quand la solidité de l’établissement n’est pas vérifiée en amont. Pour protéger son projet d’études à l’étranger, il ne suffit pas d’obtenir une lettre d’admission : il faut aussi s’assurer que l’école est stable, reconnue, bien encadrée et qu’elle ne repose pas uniquement sur un flux fragile d’étudiants internationaux.
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